petit message a l´attention des lecteurs…

Nous avons pris un peu de retard dans le chargement des photos (la faute a un wifi pas tres performant).

Nous publions les textes, les photos viendront au fil de l´eau…sorry

Les lecteurs assidus auront remarque que nous avons rattrape presque un mois de retard!! mais auront vu aussi qu’il y a 2 trous (San Pedro & Salta) c’est en cours, un peu de patience!!

Beaucoup d’articles a votre disposition…et quelques trous de plus…on les bouchera promis!!!!

bisous a tous

philippe

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Trujillo et les cultures pré-hispaniques

2013-07-02 16.07.33Au réveil et après un petit déjeuner continental, nous découvrons Huanchaco de jour, il fait très humide et la brume recouvre une bonne partie de la ville. C’est une station balnéaire à à peine 15 km de Trujillo et le paradis des surfers, de gros rouleaux balaient la côte et les adeptes s’en donnent à coeur joie.
Nous avons réservé les services d’un chauffeur pour la journée German Ramos Fernandez qui nous conduira au mieux sur tout le parcours que nous avons programmé. Nous partons aujourd’hui à la découverte de deux grandes civilisations pré-inca les Moche et les Chimú.
Notre première destination sera la Huaca de la luna et la Huaca del sol. Situé à environ 8 km à l’est de Trujillo, les deux pyramides sont les témoins imposants de la culture Moche ou Mochica. Séparées l’une de l’autre d’environ 500 m, elles accueillaient entre elles le village et la population Moche tout proche du Rio du même nom qui se jette dans le pacifique et qui était leur principale source d’approvisionnement en eau.
La Huaca del sol n’est encore qu’un amas de cailloux et de sable où les archéologues oeuvrent depuis 2011 à sa découverte et sa mise en valeur, on ne peut pas la visiter, c’étaient à leurs dires le centre administratif et politique de la cité.
2013-07-02 11.16.59 La Huaca de la luna, elle, a été complètement dégagée et répertoriée et est présentée au public avec ses richesses culturelles et architecturales.

 

 

Elle se trouve au pied du cerro blanco, montagne sacrée dont le dieu, le célèbre Ai-Apaec (l’égorgeur) est vénéré sans partage ici bas et auquel la société rendait des hommages sanglants.

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C’est le centre religieux de cette civilisation qui dura de 100 à 800 ap J.C.
Elle fut construite en 5 étapes successives au cours de son histoire et chaque fois, la Huaca nouvelle venait se superposer en hauteur et en largeur à la précédente – besoin de renouveau ou période de décadence ? En tout cas les 5 Huacas s’emboitent comme des poupées gigognes, ce qui n’a pas facilité la tâche des archéologues. Deux temples majeurs la composent: « el templo viejo » (100 à 600 ap J.C.) et « el templo nuevo (600 à 800 ap J.C.) et partout la société vénère le cerro blanco, la mer, le fleuve et le désert.

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Un personnage important semble faire le lien entre ces composantes, « Amaru » le dieu serpent aux traits félins. Il traversait les mondes comme un arc et soutenait la voie lactée.
La civilisation Moche s’étendait à l’époque de Piura au nord à Huarmey au sud.
Sur la place centrale se trouve une concentration de roches appelée « Pierre du sacrifice » aux pieds de laquelle on a retrouvé plus de 70 corps. C’était des soldats de 18 à 35 ans qui s’affrontaient dans des combats singuliers et dont le perdant était sacrifié, égorgé et dont le sang était offert aux prêtres pour honorer Ai-Apaec. Au delà de cet aspect violent, mais peu fréquent (un tous les 10 ans), la société a fait preuve d’une grande finesse architecturale nous offrant des bas-reliefs polychromes de toute beauté ainsi que la preuve de leur savoir en terme d’astronomie, et leur faculté à produirent des poteries zoomorphes et anthropomorphes extraordinaires.

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Un site majeur qui nous a enchanté, agrémenté des commentaires d’une guide sympa et très compétente. Le musée (sans photo) est d’une richesse incroyable en explications et poteries, nous progressons…

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Nous reprenons la route avec German, et après quelques kilomètres, nous franchissons les années et entamons la découverte de la civilisation Chimù par la visite de la Huaca El Dragon ou Huaca Arco Iris (arc en ciel). Il s’agit ici d’une belle pyramide tronquée dont l’enceinte, en adobe, abimée par le temps protège un temple aux bas-reliefs splendides, dragons, danses de la pluie, scènes de fertilité.

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L’appelation « Arco Iris » faisait référence aux 7 plumes portées par le dragon censées représentaient les couleurs de l’arc en ciel. Perdue en plein centre ville, elle est la première trace Chimù que nous voyons et le début de la découverte de l’empire crée par Taykanamo, personnage mythologique.
2013-07-02 12.53.13La civilisation Chimu s’est étendue du IXème au XVème siècle et a peu à peu été absorbée par les Incas, elle s’étendait du Rio Tumbes au nord au Rio Chillòn au sud.
Nous partons en apprendre plus avec la visite du site de Chan Chan (Chan signifiant soleil en Chimù). Cette ville, la plus grande jamais construite en adobe en Amérique, était la capitale de l’empire et hébergeait jusqu’à 250000 personnes.2013-07-02 13.34.40
Riche de ses 9 palais, de temples, de zones populaires, de « manantials », de chemins, de murailles, de champs, elle s’étend sur plus de 20 km2.

 

Une seule citadelle se visite mais suffit à elle seule à se rendre compte de l’importance su site: la Citadelle Tschudi. Toute entière dédiée au culte de la lune et de la mer, elle est ornée partout de symboles marins: filets, poissons, pélicans…

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Un véritable château de sable grandeur nature où les filles s’amusent à se perdre dans le labyrinthe des rues et des palais.

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Un site époustouflant, dont il faudrait un cahier entier pour vanter les richesses.

Le musée, un peu petit, complète nos connaissances.

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Il nous reste encore une Huaca à visiter, la Huaca Esmeralda, malheureusement elle va fermer et nous n’aurons pas le temps de la voir.
Nous rentrons sur Huanchaco vers 16h30 et remercions German.

Nous en profitons, avant la tombée de la nuit, pour nous balader sur les plages agréables de la station, même si le temps n’est pas de la partie et observons les « caballitos de totora », ces embarcations emblématiques de la côte, faites en ajoncs comme celles des Uros, mais plus petites, telles des canoes utilisées par les pêcheurs.

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Quelques crabes violets attirent notre attention et nous finissons la soirée dans un resto de poisson au bord de la plage, au menu: ceviche de pescado, arroz de mariscos, et picante de mariscos, un vrai régal!!!

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Casma, Sechin et la côte

Hier soir nous avons dû quitter la Casa Ravines, plus de chambres disponibles mais le gérant Juan nous a déniché une chambre dans l’auberge Churup à deux pas et qui appartient au même propriétaire. C’est un peu moins luxueux que le premier mais tout à fait charmant et agencé avec goût.

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On dirait un petit châlet sur trois étages avec une terrasse sur le toit et une vue magnifique sur Huaraz et les deux cordillères. Le petit déjeuner est lui aussi à la hauteur. Nous terminons notre séjour à Huaraz et avons passé un moment fantastique dans cette région, nous serions bien restés un peu plus longtemps.
Nous rejoignons l’avenue Luzuriaga et partons chercher une station de minibus locale pour rejoindre Casma. Ici pas de Cruz del Sur, nous ferons donc avec les moyens de bord. Passant devant les bureaux de l’agence Mony Tour, nous croisons Elsa, notre guide du premier jour avec qui nous avons sympathisé et qui très gentillement nous propose de nous y conduire, histoire de gagner du temps et de papoter un peu.
La station de bus n’a rien de conventionnel, c’est un hangar avec un petit bureau, le combi que nous prenons est minuscule (9 personnes) et un peu vieillot mais bon, il va dans la bonne direction.
2013-07-01 10.09.34La route qui nous amène à Casma est d’une extraordinaire beauté. Après avoir franchi les contreforts de la cordillère noire du haut de laquelle nous admirons une dernière fois les sommets enneigés de sa soeur jumelle en face, nous plongeons dans une vallée de Puna et ses paysages arides et de couleur ocre.
Après une route en lacets que le chauffeur avale, le pied au plancher (on n’était pas complètement rassurés), nous débouchons dans une plaine à la végétation luxuriante (vergers, bananiers, champs…). Quelques kilomètres plus loin, c’est un désert de sable qui fait son apparition, là pas une trace de végétation, des paysages de far west américain.

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Plus on se rapproche de la côte, plus il fait chaud et nous atteignons Casma « la ville de l’éternel soleil » vers 12h30 après 4 heures de route.
Notre objectif premier était de visiter Sechin, un site archéologique très intéressant. Le problème est que nous ne savons que faire des bagages. Dans le combi, un couple de jeunes péruviens nous vient en aide et nous propose de dénicher un hôtel pas cher où louer une chambre pour quelques heures, c’est chose faite, c’est fou ce que les péruviens sont gentils et attentionnés.
Plus légers, nous attrapons dans la rue une de ces motos-taxis bringuebalantes et cheveux au vent nous partons pour Sechin.
Le site se situe à 7km de Casma à la lisière entre la vallée fertile dans laquelle la ville s’est développée et le désert.
2013-07-01 13.58.46Avec Sechin, nous faisons un saut dans l’espace temps et remontons plusieurs siècles avant Chavin. Deux sites majeurs se détachent:
- Sechin Alto, découvert par l’archéologue Peter Fuchs en 2008 et toujours à l’étude (on ne peut pas le visiter). Il daterait de -3500 av J.C. (700 ans avant la Galgada et 800 ans avant Caral)
- Cerro Sechin, découvert et fouillé par J.C Tello en 1937, un temps associé à la civilisation Chavin. La culture Sechin fut une société andine côtière antérieure à la culture Chavin et qui contribua par la suite au développement de cette dernière.

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L’art Sechin est curviligne, figuratif, et impressionniste, la société ne connaissait pas l’écriture et l’expression se faisait donc par les dessins. Ils ignoraient la perspective et exprimaient la profondeur par l’empilement des figures. Ils vouaient une adoration à la Pachamama et les figures en haut-relief représentées sur l’enceinte de pierre symbolisent des scènes de batailles et des représentations de guerriers vainqueurs (en pied, armés, bien habillés) et de vaincus (démembrés, et les différentes parties disposées dans tous les sens).

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Ce site est plus récent que Sechin Alto et daterait de -1600 av J.C. Une expression étonnante de modernité se dégage des sculptures et des traits.
Nous profitons à notre aise de cet endroit original, puis allons jeter un oeil au musée où l’on trouve des vestiges de différentes époques et découvrons la multitude de sites qui jalonnent la vallée. Nous ne pouvons malheureusement pas les voir tous, faute de temps, il faudra revenir: Mojeque, Pampa Colorada, et surtout Chanquillo, une zone archéologique étonnante avec sa forteresse, son aire résidentielle et surtout son observatoire astronomique, un des plus vieux du continent où des « torreones » gigantesques permettaient d’analyser la course du soleil et de dater précisément les équinoxes et les solstices.

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Nous voyons encore des chiens pèruviens sans poil avec une drôle de tête (on dirait des hyènes) et dont la tempèrature corporelle est de 40 degrès. Les incas s’en servaient pour soigner leurs rhumatismes.2013-07-01 13.56.58
Bref, un coin fantastique, il faudrait des mois pour tout découvrir.

 

 

 

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Nous rentrons sur Casma avec un moto-taxi récupérer nos bagages et tentons de trouver un bus pour Trujillo.
Ce ne fut pas chose facile. Nous jetons finalement notre dévolu sur le premier qui passe et qui semble tenir la route. Il répond au doux nom de « Eric le Rouge » (curieux!!). On est loin du standard de Cruz del Sur, mais c’est déjà mieux que le petit combi de Huaraz.
4 heures plus tard, et après une route qui suit le littoral pacifique, nous arrivons à Trujillo où le temps est très moite et humide, nous retrouvons la garùa de Lima. En 7 heures de bus, nous avons perdu 4000 m d’altitude et gagné 45% d’humidité.
Il fait nuit, la journée n’est pas complètement terminée. Il nous faut maintenant trouver un petit combi pour rejoindre Huanchaco, une petite ville côtière où nous avons réservé notre logement. Ce fut sportif et dans le bus nous sommes serrés comme des sardines et secoués comme des maracas par la conduite très « souple » du chauffeur.
Nous arrivons à Huanchaco, et après un petit plat de spaghettis  rapide nous nous endormons sans peine.

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Chavin de Huantar

Nous nous levons ce matin avec les jambes un peu lourdes mais en pleine forme, nous avons fait le plein de globules rouges et nos organismes, habitués à l’altitude, ont développé une faculté de récupération que nous ignorions.2013-06-30 08.04.47
Le petit déjeuner copieux de la Casa Ravines sera pour nous la récompense des efforts de la veille.
Le programme de la journée sera beaucoup moins sportif mais plus orienté culture et découverte. Nous allons rencontrer la capitale de l’Empire Chavin.
Notre guide du jour s’appelle Hugo, un moustachu truculent, adepte de la blaguounette à 2 soles, parfois un peu lourde mais un passionné d’histoire, d’archéologie et de culture Chavin, çà tombe bien.
Nous reprenons la même route qu’hier, Recuay, Ticapampa (j’apprends au passage que Tica signifie « fleur » ou « adobe » selon les cas).

2013-06-30 09.45.21Nous franchissons le pont de Bedoya, un petit village et voyons sur notre gauche une voléee de marches abruptes qui partent tout droit à l’assaut de la montagne. C’est le chemin qu’empruntaient les pèlerins pour se rendre après 2 jours de marche au site de Chavin.
Nous laissons Catac sur la droite, et nous engageons dans une nouvelle vallée le long des rives de la rivière Yanayaku. Une nouvelle vallée s’offre à nous, tout aussi belle que la veille, tout aussi désertique. Nous traversons huancapampa et prenons de l’altitude jusqu’à un lac de montagne, la laguna Querecocha à 3980m. Son nom signifie en quechua « lagune aux bois » (queru). Curieusement, à cet endroit, une forêt de quenuales couvre un des versants de la cordillère blanche.2013-06-30 10.16.43
Elle est splendide, d’un bleu profond et les contreforts des nevados se mirent dans ses eaux tranquilles.
De là, une route en lacets nous emmène au sommet de la montagne Yanamary (5237m), à 4516m au tunnel de Kahuish, long de 480m et quittons le Callejon de Huaylas pour celui de « los Conchucos ».

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Nous sommes passés de l’autre côté de la cordillère blanche, un christ rédempteur, juché sur un promontoire rocheux nous accueille par un petit signe de la main. Nous redescendons dans la vallée et près de 1h30 plus tard, nous atteignons le village de Chavin de Huantar à 110km de Huaraz. 2013-06-30 12.00.44Nous sommes plongés au coeur d’une des civilisations les plus anciennes du Pérou, qui s’est développée entre -1200 av J.C. et – 300 av J.C. C’est un lieu de culte parmi les plus réputés du sous-continent et des pèlerins venaient en masse des 4 coins de l’Amérique du Sud pour consulter son oracle, 100 000 par an, selon les spécialistes.
Sa société était très hiérarchisée. Au sommet de la pyramide, les prêtres, puis les artisans, et au bas de l’échelle le peuple. Lors de sa décadence, aux alentours du IVème siècle av J.C., la structure hiérarchique s’est disloquée et le peuple a fui les montagnes de la cordillère blanche pour s’établir plus au sud vers le Titicaca et fonder une nouvelle civilisation: Tiwanaku.

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La force de Chavin reposait sur la faculté des prêtres à prédire l’avenir, en particulier les changements climatiques. Ils se faisaient rémunérer en fonction des prédictions par des offrandes en nature (poisson, viande, légumes, fruits…) ce qui permettait à cette société de fonctionner correctement, et cela a duré !!! Comment faisaient-ils pour ne pas se tromper? un peu d’explication.
Les prêtres de haut rang envoyaient des émissaires plus au nord du pays vers Piura et à la frontière équatorienne. Là se passe chaque année un phénomène naturel appelé « el niño ». C’est un endroit où les courants marins chauds de « el niño » venus du nord rencontrent les courants froids de Humboldt. Il se produit de grands bouleversements climatiques qui engendrent pluies, tempêtes et inondations. L’une des conséquences est que la tempête rejette sur les côtes des milliers de coquillages (spondyles et strombes). Les émissaires étaient ainsi capables en fonction de la récolte de savoir si la saison qui s’annonçait serait sèche ou humide et donc favorable ou non aux récoltes (infaillible!!). C’est une des raisons aussi pour lesquelles les peuples pré-hispaniques vouaient une adoration sans borne aux spondyles, coquillages quasi mystiques. C’était pour les non profanes de vrais baromètres et leur gagne-pain quotidien.
Le site se caractérise par 54 périodes de constructions successives, certaines ré-utilisant les constructions précédentes pour construire les nouvelles. Trois d’entre elles ont significativement marqué l’évolution du sanctuaire. Un chiffre revient en permanence: le chiffre 7. Chiffre magique et qui régit l’ordre du monde. Tout ici fonctionne en multiple de 7: la plaza cuadrada (49X49m), la place plus au nord (28X7m), la place circulaire (14m de diamètre), le temple (70m de large et 14m de haut), les cabezas clavas au nombre de 28 et sur l’autel 7 cavités.

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Ce qui a le plus suscité notre admiration, c’est l’état de conservation des bâtiments après plus de 3000 ans d’histoire et dans une zone sismique très forte.
La civilisation Chavin avait développé des connaissances en matière architecturales et sismiques à nulles autres pareilles à cette époque. Les scientifiques modernes ont établi que les murs du temple pouvaient supporter une magnitude de 10-11 sur l’échelle de Richter (nos tours modernes sont ridicules à côté) !!2013-06-30 12.59.27
Le secret ? des murs construits en pente avec une inclinaison de 5° (ni plus, ni moins), l’inclinaison parfaite de nos jours avec une alternance de grosses pierres et de petites pour amortir les vibrations et des salles intérieures servant de résonance et annulant les forces qui faisaient pression sur les parois…dingue!!! Peut-être avaient-ils aussi découvert internet!!, on n’a trouvé trace d’ordinateur…dommage!!

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Tout autour du temple, étaient érigées des têtes d’animaux ou de personnages imaginaires représentant des divinités, appelées Cabezas clavas, censées protéger le temps du mal. Elles ont été saccagées par les espagnols, à leur arrivée, mais par miracle ses conquérants ignares et brutaux les ont enterrées pour beaucoup autour du temple. Les fouilles ont redonné ses lettres de noblesse à cet art unique.2013-06-30 13.58.24
Trois dieux étaient d’importance majeure: l’aigle ou condor, représentant le ciel, le puma ou jaguar, la force de la terre mère et le serpent ou anaconda, la sagesse et le savoir.
Ce que l’on sait moins, c’est que le centre était aussi un formidable foyer d’observation astronomique. On y observait la croix du sud (chacana), alpha et bêta du centaure, la constellation du scorpion et sur l’autel la ‘piedra des Choquechimchay » (pierre du félin) représenterait la constellation d’Orion. Sur la place circulaire des dalles orientées vers le soleil en des points stratégiques permettaient de déterminer les solstices et les équinoxes et donc les périodes de semailles et de récoltes.
Bref, une civilisation à couper le souffle…nous jetons un oeil aux sculptures les plus connues: « el lanzon » (sorte de poignard de 4m de haut), « la stela Raimondi » (représentation de Wiracocha) et l’obélisque Tello. J.C Tello fut un médecin qui s’est passionné d’archéologie et c’est à lui que l’on doit beaucoup des découvertes et des analyses dans tout le Pérou. (déjà rencontré à Pachacamac, nous le verrons encore à Sechin dans quelques jours si tout va bien).
Hugo rend hommage à un péruvien de Chavin, un « Maria Reiche », el señor Marino Rodrigues Moreno qui a entretenu, préservé, et sauvegardé le site, un ami qui lui a appris beaucoup et qui nous a quitté il y a peu.
2013-06-30 14.24.34Petit passage au musée où nous pouvons faire des photos, nous sommes les derniers, à partir de demain elles sont interdites, coup de bol, un de plus!!

 

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Nous rejoignons Huaraz. C’est une rencontre inoubliable.
Le soir, fatigués de manger du riz, des patates et du poulet, nous craquons pour une crêperie tenue par un français: au menu, galettes de blé noir, crêpes sucrées et ratatouille…que du bonheur!!!

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Nevado Pastoruri et autres histoires

Ce matin, nous nous  levons plus tôt, le rendez-vous à l’agence est à 7h30 et le petit déjeuner commence à 7h00, il faut faire vite. C’est un jour un peu spécial pour la région. En effet depuis hier a commencé le festival de l’Andinisme.

A cette occasion, de nombreuses activités de montagne sont mises à l’honneur. Hier, il y a eu une compétition d’escalade. Aujourd’hui, c’est un championnat de ski et de snowboard qui nous attend sur le Cerro Pastoruri. C’est une chance extraordinaire, car ce site n’est ouvert que deux jours par an et cela tombe pile aujourd’hui et demain!! la bonne étoile toujours elle.
Notre guide du jour s’appelle Tito, il est passionné de nature. Nous quittons Huaraz par le sud et prenons la route qui remonte le cours du Rio Santa. Nous le traversons d’ailleurs et passons par le village de Recuay à 3400m (Recua en quechua signifie: l’endroit où l’on élève les chevaux pour le commerce). Pendant le trajet, Tito nous présente le programme de la journée, puis se lance dans un discours enflammé sur la nécessité de protéger notre mileu ambiant, sauvagement opposé à tout ce qui augmente le trou de la couche d’ozone, il insiste sur les conséquences pour la région du réchauffement climatique: plus de 25% de la masse glaciaire des sommets a disparu, et selon l’étude faite par un français, il n’y aura plus de neige sur le Pastoruri dans 5 ans. Nous faisons alors partie des derniers chanceux à le voir revêtu de son habit immaculé.
Nous faisons une halte technique à Tilcapampa, un petit village mignon et repérons les lieux et son restaurant « las 7 hierbas ». C’est là que nous déjeunerons au retour.
Nous nous engageons ensuite dans la montagne et suivons le cours du Pachacoto, un affluent du rio Santa.

2013-06-29 09.06.50 Les paysages sont différents de ceux de la vallée et nous sont familers, une « puna » très rase se présente à nous, rien ne pousse ici sauf la fameuse « paja brava » (les nuits sont trop froides), ici ils appellent cela « las peladas ».
Nous passons la laguna « Patococha » (pato signifie canard en espagnol et cocha lagune en quechua). C’est une zone protégée où se reproduisent des dizaines d’espèces différentes de canards et où pousse une algue très nutritive le « cuchuro » que l’on mange en ceviche, en guiso, en dulce…
Sur la route, nous apercevons une plante assez originale qui se détache du décor pelé de la puna. Il s’agit de la « Puya Raimondi ».2013-06-29 14.37.51

De loin, on dirait une agave, en fait il s’agit d’une plante qualifiée de préhistorique par les scientifiques, c’est une broméliacée qui pousse en boule épineuse pendant 25 ans d’un diamètre de 2 à 3 mètres puis qui fleurit et dont la fleur, unique, s’élève dans le ciel en un cierge haut et majestueux de quelques 10 mètres. Elle ne fleurit qu’une fois puis meurt. La fleur sèche sur place, puis sous l’effet des vents, la plante est déracinée et libère ses 6 millions de semillas. Elle porte le nom du 2013-06-29 14.31.03chercheur italien qui l’a analysée et fait connaître: Antonio Raimondi. Cette plante est endémique du Pérou et de la Bolivie.
Nous entrons dans la quebrada de Huarapasca et le nevado qui la domine du même nom est d’une beauté renversante, ses 5418m nous régale de reflets bleutés sur fond neigeux et de pics très découpés.2013-06-29 10.10.01

 

Nous quittons la vallée et prenons à droite pour Pastoruri, nous atteignons le camp de base vers 10h15, nous sommes à 4800m d’altitude. Deux épais manteaux neigeux nous attendent au loin, c’est là que se passe la compétition de ski.

C’est parti pour une heure de rando sur un chemin sympa et sans grande difficulté si ce n’est le manque d’oxygène qui ralentit, voire stoppe certains de nos camarades d’excursion.

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Nous traversons des névés, des petits lacs de montagne, par endroits gelés et qui scintillent sous le soleil et atteignons le Pastoruri, fatigués, mais contents.

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Je tire mon chapeau aux trois filles qui viennent de battre le record d’altitude du voyage à 5240m et en randonnée s’il vous plaît.

 

2013-06-29 11.45.25 Il ne nous reste plus qu’à monter sur le glacier et nous voyons les snowboarder effectuer leurs descentes à fond, puis quelques démonstrations de figures acrobatiques.
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Mais pour nous, le spectacle est ailleurs, la beauté de ce lieu est incroyable, des cavités naturelles de stalactites brillent sous le soleil, nous bénéficions d’une vue dégagée sur toute la vallée au sud où les nevados Tuco (5479m), Challhua (5476m) et Juchuraju (5392m)  rivalisent de majesté. Au nord c’est le Huarapasca et tout autour de petites taches bleutées, des dizaines de lagunes apportent une touche colorée à ce paysage rocailleux.

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La descente est plus facile, nous regagnons le camp de base et prenons la route du retour.2013-06-29 11.07.37

Dans la puna, Tito nous arrête quelques minutes près d’un « manantial », une zone marécageuse où se trouve une « laguna gasificada ». C’est en fait une source d’eau ferrugineuse. La terre prend à cet endroit des teintes rouges d’oxyde de fer et l’eau est légèrement pétillante et chaude. Elle est parait-il très bonne pour le corps.2013-06-29 14.48.24
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Nous déjeunons comme prévu à Ticapampa, et rentrons sur Huaraz en fin d’après-midi. La soirée fut courte, une petite collation rapide et surtout une bonne nuit de sommeil bien méritée après les efforts de la journée.

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